La Chine veut Démanteler l'Application Alipay | FORCINEWS

La Chine envisage sérieusement de démanteler Alipay, la très populaire application mobile de paiement d’Ant Group (filiale d’Alibaba), dans l’idée de de créer une application distincte pour les activités de prêt, selon le Financial Times. Il est aussi prévu que le groupe transmette les données personnelles qu’il utilise pour ses décisions de prêt à une co-entreprise, en partie détenue par l’État. Les autorités ont lancé ces derniers mois en Chine une campagne pour freiner ce qu’elles considèrent comme un développement “désordonné” de l’économie, faisant perdre aux compagnies visées des milliards d’euros de valeur boursière.

Ant Group et Zhejiang Tourism Investment Group prévoient ainsi de prendre une participation de 35%, tandis que des entreprises d’État telles que Hangzhou Finance and Investment et Zhejiang Electronic Port détiendraient un peu plus de 5% chacune. Le Financial Times ajoute qu’Ant Group ne serait pas la seule fintech concernée par les nouvelles mesures de la Chine.

Alipay est une application incontournable en Chine, où le liquide a quasiment disparu et l’immense majorité des paiements se font à partir d’un smartphone. Elle domine le marché avec son concurrent WeChat Pay. Les autorités veulent à présent scinder Alipay en deux entités distinctes : l’une pour les paiements et une autre spécifique à la lucrative activité de prêt en ligne.

Ant Group devra par ailleurs céder ses données utilisateurs liées aux prêts à une agence de notation de crédit, détenue en partie par l’Etat, croit savoir le quotidien des affaires, qui ne cite aucune source. Ant Group et Alibaba n’avaient dans l’immédiat pas réagi aux sollicitations de l’AFP. Alipay est une application incontournable en Chine, où le cash a quasiment disparu et l’immense majorité des paiements se font à partir d’un smartphone. Elle domine le marché avec son concurrent WeChat Pay (Tencent).

Les autorités se montrent particulièrement intransigeantes ces derniers mois contre des pratiques jusque-là largement tolérées et répandues dans plusieurs secteurs dynamiques de son économie, notamment en matière de concurrence. Lundi, le ministère de l’Industrie et des technologies de l’information (MIIT) a mis en garde les géants du numérique contre le blocage de liens entre services concurrents et les entraves à l’interopérabilité.

En Chine, certains systèmes de paiement sont par exemple exclus des applications de commerce en ligne appartenant à un groupe rival. Et des plateformes vidéo bloquent le partage de contenus vers des réseaux sociaux concurrents. Le régulateur chinois des marchés avait annoncé le mois dernier étudier un renforcement de la législation sur ces questions.